ITALIE

Pellicule 6, Cinestill 800T

Trastevere, Rome

Alfredo, tu m’as déjà dit souhaiter voir l’Italie à travers mes yeux.

Voici ce que je vois lorsque je suis à Rome : des bâtiments colorés embellis de gravures, des fleurs qui s’élèvent vers le ciel, inconscientes de pousser au cœur d’un centre-ville, des ruelles habitées à la fois par les hommes, la végétation et l’Histoire.

Pour moi, Rome est complète. C’est un étrange choix de mot, j’en conviens; mais cette ville a cette capacité d’allier le chaos et la douceur, la verdure et la poussière, l’agitation des touristes et la vie quotidienne de ses habitants.

Basilique Saint-Pierre, Vatican

Je suis sortie au moment où la pluie s’est arrêtée et j’ai vu des arcs-en-ciel. Une touriste m’a demandé comment se rendre au Castel Sant’Angelo et j’ai su lui donner des indications claires. J’ai acheté trois belles cartes postales et mon chien a reçu un biscuit. Je me suis accoudée à la balustrade de la basilique Saint-Pierre et ai souri devant l’audace de ma vie.

Trastevere, Rome

J’ai pris quelques photos, cherchant tant bien que mal la beauté de Trastevere dont tout le monde parle.

Au détour d’une rue, je suis tombée sur une authentique trattoria : nappes à carreaux rouges et blancs, menu écrit à la main sur un tableau d’ardoise, personnel ne parlant qu’italien – et clientèle aussi. Chaque client semblait connaître personnellement l’un des serveurs, ça se donnait la bise et, plus important encore, ça attendait que les tables se libèrent.

Mes carbonaras et ma panna cotta étaient délicieuses, et c’est assise à ma table que j’ai compris la magie de Trastevere, le quartier des Romains.

Le Colisée, Rome

Après plus d’un mois à Rome, le Colisée y demeure mon monument préféré; sa taille démesurée en impose et j’ai toujours un sourire en le voyant apparaître au détour d’une ruelle de Monti – ou depuis le skatepark.

Surtout, j’aime m’asseoir tout près : plusieurs touristes ne prennent pas la peine d’en faire le tour et il est possible de partager la vue avec moins d’une vingtaine de personnes en plein jour.

Isola Tiberina, Rome

Je pourrais facilement dire de tous les endroits de Rome qu’ils sont mes préférés, et la Isola Tiberina n’échapperait pas à mon favoritisme.

Rapidement, elle est devenue un incontournable de ma journée, que ce soit pour déguster un gelato, observer les Romains s’initier au croquis, prendre un bain de soleil contre ses pavés durs ou simplement comme tremplin entre Trastevere et la Piazza Venezia – ou le Portico d’Ottavia; ou le Jardin des Orangers; ou n’importe quel autre de mes endroits préférés.

Rome

Marie-Claude, je t’ai demandé tes meilleurs conseils pour Rome et tu ne m’en as donné qu’un seul : ne jamais y mettre les pieds.

J’ai passé les trois années suivantes à tenter de te convaincre du contraire, car il est impossible que tu aies vécu Rome comme je la vis.

Derrière le chaos, les klaxons et les touristes se cachent des ruelles calmes emplies de végétation; les fruits des orangers sont ramassés et disposés sur les bancs de parc, offerts à tous; les églises anonymes se transforment en havres de paix.

Je te le promets, Rome est belle et elle peut même être douce : il suffit d’emprunter une rue transversale, de descendre au bord du Tibre, de visiter un palais moins connu. Il suffit de la vivre comme un Romain.

Rome

Je suis tombée amoureuse de Rome à ma première visite. Je l’ai quittée quelques jours et j’ai eu peur d’y revenir… Et si la magie s’était estompée? Elle ne s’était pas estompée.

Un an plus tard, une demi-journée suffisait pour confirmer mes sentiments.

Cette fois-ci, un mois à Rome où d’un jour à l’autre mon amour pour cette ville s’est approfondi grâce aux bourgeons qui se transforment en fleurs, aux points de vue inédits, et surtout aux Romains qui m’on fait me sentir chez moi – le glacier, les commerçants du marché, le vieux boulanger et sa fille, le chauffeur de taxi qui m’a conduite à l’aéroport et m’a serrée dans ses bras en guise d’au revoir.