Pourquoi j’ai choisi la photographie argentique

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Quand j’ai commencé la photographie argentique, je n’avais aucune connaissance en photographie. Plusieurs m’ont conseillée de me procurer un bon appareil photo numérique pour apprendre les bases avant de transférer vers l’argentique; j’ai catégoriquement refusé.

Je ne vois pas mes photos numériques et mes photos argentiques de la même manière. Même si l’on m’a souvent répété que ce n’était que dans ma tête, que je pouvais utiliser un appareil numérique comme j’utilise mon appareil argentique, j’éprouve un blocage.

Les détails et le résultat

Quand je regarde mes photographies, elles m’apparaissent vivantes. J’y décèle une texture, une profondeur, et parfois j’ai même l’impression de voir les passants en trois dimensions! Et puis, le grain de l’argentique ajoute de la chaleur et de la vie à la photo. 

Ce sont des détails que je retrouve rarement sur des fichiers numériques. Je les vois plus plats et froids.

De plus, la photographie argentique ne nécessite pas des heures de retouche. L’image est déjà éclatante, colorée et prête à être partagée. À mon avis, ça rend le processus de photographie plus authentique.

La démarche

J’aime profondément la démarche de la photographie argentique : ralentir lorsque je visite un nouvel endroit – ou découvrir de nouveaux détails là où je suis déjà passée mille fois –, faire le tri entre ce que je juge important et ce que je crois que les autres trouveront important, et devoir réfléchir, pas seulement à la composition, mais également aux paramètres de l’ouverture et de la vitesse d’obturation.

Je remarque les ombres sur les bâtiments, la lumière qui filtre entre les branches des arbres, les cadres naturels et les expressions des gens. Étonnamment, je me découvre une nouvelle sensibilité et je plonge dans un nouvel univers.

Et puis, j’aime ne pas avoir un nombre de chances illimité et ne pas savoir si j’ai réussi mon cliché. Je fais de mon mieux, et je retourne dans le moment présent rapidement.

La rétrospection

Je ne documente pas que mes voyages : j’ai également beaucoup de clichés de ma vie familiale et quotidienne. Les soupers du samedi, ma mère dans son jardin, mon neveu en pyjama dans les fleurs de la voisine, mon père qui fait de la pizza, mon amie et son nouveau chiot. 

Bref, tous ces petits moments que nous oublions trop facilement et qui pourtant forment notre quotidien. Ce sont ces moments simples qui contribuent à notre bonheur – ou, à tout le moins, au mien.

Le fait de choisir de capturer un moment, puis de l’oublier, le rend particulièrement précieux lorsque je le redécouvre sur mes scans. 

Et finalement, si je me suis tournée vers la photographie argentique un peu par hasard, j’ai persévéré pour la joie que ça m’apporte; je ne me vois pas utiliser un autre médium pour l’instant. Voilà pourquoi je n’arrêterai pas de sitôt.

 

 

 

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