Quiconque m’a connue il y a quelques années sera surpris de mon intérêt pour la photographie.
J’ai passé une semaine en Martinique et en suis revenue avec moins de quinze photos; la même chose pour Prague. Je regardais avec mes yeux et je trouvais insensés tous ces touristes qui regardaient à travers leur écran.
Puis, j’ai traversé les États-Unis en van et j’ai commencé à prendre des photos avec mon téléphone. De belles photos. Certaines étaient même… incroyables. Vous savez, quand vous êtes non seulement au bon endroit au bon moment, mais qu’en plus vous appuyer sur le bouton et que vous capturez la fraction de seconde qui compte : une montgolfière illuminée au crépuscule, une mère et sa fille en pleine séance de lecture à la bibliothèque, une figurante d’un défilé multiculturel qui croise mon regard. Ces clichés m’emplissent encore d’un sentiment de fierté difficile à définir.
Alors, j’ai commencé à prendre des photos réfléchies, cadrées, pour lesquelles je pouvais rester quelques minutes sur place à attendre qu’un miracle apparaisse pour le figer.
Malgré tout, je ne voulais pas d’appareil photo.
Qu’est-ce qui a changé?
Honnêtement, je ne le sais pas. J’ai acheté un vieux Pentax, un paquet de Fujifilm 400, et j’ai pointé mon viseur sur ce que j’ai jugé important, dans le but de documenter mon année 2026.
J’en suis venue rapidement à aimer être celle derrière l’appareil photo, capturer les petits moments de la vie quotidienne, réfléchir avant de presser le déclencheur.
Surtout, j’ai commencé à voir le monde différemment : un univers d’ombres, de lumières, et d’histoires à raconter.
Et j’ai continué à prendre des photos. Et moins d’un an après mon premier « vrai cliché », je commence à me considérer comme une photographe et ce, sans ressentir le syndrome de l’imposteur.
